Appel à l’Occident

Text by Toufic Attar from São Paulo, Brazil
Part 3 of 3

Plus récemment encore, la Guerre du Golf, comme fut connue cette guerre télévisée à une heure prévue à l’avance pour que les médias et les millions de téléspectateurs puissent suivre depuis leur tranquille coin, loin de la guerre, installés confortablement comme pour assister à un filme fiction quand il n’est pas interdit de l’accompagner d’un coca/pop corns ! Quand l’Irak choisit de défier les USA et leurs alliés en envahissant le Koweit pour l’annexer à nouveau au territoire irakien. S’attendait-il à l’appui d’une Russie écroulée (1991) ? Croyait-il que les masses arabes allaient le protéger ? Là encore la terreur de voir «  l’effet domino «  ne donna aux américains aucune alternative que l’intervention. Il faut rappeler la dynamique arabe en ce moment. Le Koweit annexé et la prochaine victime probable, même certaine, serait l’Arabie Saoudite déjà à forte majorité comptant une main d’oeuvre palestinienne favorable au régime d’ Irak conçu comme libérateur. Sur l’autre frontière la Syrie devait s’inquiéter. Le prestige de Saddam Hussein ne lui laisserait aucune alternative que de l’appuyer, le suivre, créant ombrage à un chef qui n’avait nulle intention de diviser avec quiconque le titre de champion de la cause arabe anti-Israël et qui nul autre que Hafez el Assad dictateur et président à vie de la Syrie. Au point qu’il s’allia à la coalition américaine, contrairement aux palestiniens qui apputèrent Saddam Hussein. Le Yémen serait un autre pays à tomber sous la main des révoltés. En fait, comment empêcher que cette révolte n’atteigne la lointaine Algérie où les extrêmistes musulmans confrontaient le pouvoir officiel ? Et voilà tout le pourtour méditerranéen menacé. Dans un concept de géopolitique était-il possible de ne pas réagir contre ce défi du président irakien ? Et voilà une formidable occasion, aussi, aux américains, de tester leurs nouvelles armes, les nouvelles stratégies. Saddam était tombé dans le piège de celui qui se croit invincible, intouchable sans une menace de soulèvement de tous les musulmans. Encore fallait-il que tous les musulmans voient en lui le libérateur et non un opportuniste qui opprime son peuple. La gloire est une monnaie bien plus importante semble-t-il puisque, à réussir son coup, il devenait incontestablement  le chef incontournable des pays arabes, supplantant Nasser et les tentatives de Mouammar el Khadafi de Lybie et l’Ayatollah Khomeyni.  Cependant les Etats Unis n’étaient pas prêts à courir de danger. Voilà qu’en janvier 2003 ils se retrouvent face au même problème avec des circonstances bien différentes. Cette fois-ci leur politique peut amener un danger de mécontentement, d’un anti-américanisme qui s’en prendrait encore une fois aux innocents. La France et l’Allemagne à s’opposer à une guerre immédiate le savent bien, le prévoient et utilisent cette fois-ci la prudence. Le danger domino, toutefois, semble écarter puisque les forces irakiennes ne menacent plus, directement, les régimes voisins. Pourtant, comme d’habitude, ou déjà habitués à une hégémonie totale sans conteste, les USA poursuivent leurs intérêts propres sans plus se soucier de la réaction de leurs traditionnels alliés.

Cet état de guerre permanent on le retrouve partout, dans tous les pays afro-asiatiques pratiquement. Quelle nation, en fait, de Gibraltar à l’Extrême-Orient, n’est pas en conflit avec un pays voisin ou ne réclame une légitimité sur une partie de territoire perdue alors que les problèmes sociaux-économiques minent les pouvoirs établis et sont de véritables sources de recrutement et de sympathie pour ceux qui se déguisent, sous le couvert du religieux, en défenseurs incorruptibles des masses arabes ou africaines ? La montée de l’Intégrisme en Algérie n’est-elle pas liée à cette triste réalité ? Est-ce que le régime socialiste de Boumédienne n’a pas eu sa chance de rétablir l’éthique en politique pour empêcher que les extrêmistes musulmans sèment leurs discordes et garantissent des appuis précieux ? Pourquoi un peuple s’entretue, se déchire, épuise ses forces alors que pour reconstruire, retrouver le chemin de l’équilibre et de la prospérité seule l’union des citoyens et des forces politiques permet un renouveau sans le recours aux règlements de comptes sanglants. L’extrêmisme se nourrit de la pourriture du système en place et une fois sur place qu’il est dur de l’éliminer. Voyez Hitler! Que de sacrifices pour contrer ses ambitions. Voyez au Cambodge les massacres du Khmer-Rouge de Pol-Pot. Voyez les Talibans et l’Afghanistan mis en ruines pour les en chasser ou du moins pour les renvoyer loin du pouvoir. Reviendront-ils ? Est-ce la société afghane en a tiré les leçons ? Est-ce que les pays d’Occident sauront-ils aider à temps au lieu d’intervenir sur des terrains minés ? C’est l’Histoire qui le dira.

De pays en pays, de frontière en frontière, les hostilités entretiennent un état de guerre permanent. les pacifistes ont-ils une chance de faire entendre leur voix ? Ne sont-ils pas jugés trop peureux, trop tolérants, dépassés, par ceux qui prétendent que les armes garantissent les moyens ? Et la misère, qui s’en occupe si tout le budget va en armes ? Il n’y a qu’à rappeler toujours comment le Japon et l’Allemagne ressurgirent d’une destruction des plus terribles. Comment l’interdiction de produire des armes offensives eut des résultats ailleurs: la reconstruction du pays, des systèmes éducatifs, des infrastructures ainsi qu’une amélioration sans pareille du niveau de vie. Les Allemands et les Japonais redonnaient à leurs peuples un minimum de dignité, des conditions de loisirs, de développement industriel, avec un pouvoir d’achat des plus importants au monde. Il fallait que ces peuples soient satisfaits sinon aucun gouvernement ne tiendrait la route. Tout l’effort se concentra sur l’essor et les résultats sont là, nets, parlant d’eux-mêmes. C’est vrai que ce sont des peuples déterminés, travailleurs, mais le fait de ne pas devoir dépenser en armes fuit un suprême cadeau. Leur véritable indépendance retrouvée, leur prospérité assurée, qui peut aujourd’hui leur interdire quoi que ce soit par la force ? Il ne reste pourtant qu’une solution possible: le dialogue. En permanence. Même à perdre patience. Mais le dialogue et non plus l’intimidation. C’est bien différent.

Or ce n’est pas par le dialogue que les relations avec les nations d’Amérique Centrale et latine se passèrent. Trente ans de Somoza au Nicaragua, de même pour le dictateur paraguayen Stroesner. Un coup d’état au Chili renversant Allende poussé au suicide, assassinant ses adeptes, livrant le Chili aux forces de Pinochet et aux militaires qui gouvernèrent avec une main de fer le pays menant bien de chiliens à l’exile. Coup d’état au Brésil en 1964. Puis les militaires au pouvoir en Argentine avec la désastreuse aventure des Falklands/Ilhas Malvinas. Comment ces pays pouvaient-ils s’en sortir si à tous les coups des forces externes intervenaient pour empêcher tout changement en profondeur, qualitatif, amenant ces pays et ces peuples à la modernité ?Hélas, la misère prospéra partout alors que l’essor de ces pays a été phénoménale. Où est donc passé l’argent de la croissance ? Le Brésil est arrivé à un moment au 8è rang des pays les plus industrialisés. Ses productions ont connus des avancées vertigineuses. Pourtant le peuple n’a jamais vécu aussi mal avec l’essor des favelas et coriços en même temps que les plus belles maisons dans les quartiers chics. Etait-on assuré que cette dérive n’allait pas aboutir à une sorte de guerre civile interne que les médias ne reconnaissent pas pourtant ? Quel est le prix de la violence par exemple sur le plan scolaire et social ? Tout le monde s’accorde que la politique doit changer. C’est bien le système qui devrait enfin céder à la modernité et cesser d’être aussi gourmand, aussi vorace.

Cependant l’Europe moderne connut un bouleversement inattendu, une sorte de cadeau de Noël pour le capitalisme et ses alliés: l’ascension de Gobail Gorbatchev à la tête de l’ URSS amena de profonds changements qui finirent par provoquer la chute de ce géant qui marqua l’histoire du monde avec et depuis la deuxième guerre mondiale, se haussant rapidement au rôle de n° 2 en puissance militaire au monde. Son gigantisme et son influence dans le monde devenaient un danger. Voulant toujours rattraper le formidable budget militaire américain il finit par se briser entraînant dans sa chute la qualité de vie à l’ Est et surtout en Russie. Soudain, le Mur de Berlin était renversé par les foules. Tour à tour les ex-républiques déclarèrent leurs indépendances. Et l’ Empire s’écroula comme un château de cartes. L’ Union Européenne dut libérer un budget spécial pour secourir un pays en faim. Les USA suivirent. Il fallait donner le coup final au communisme et en même temps empêcher que l’armement atomique tombe entre des mains trop dangereuses. Et l’inimaginable quelques jours plus tôt arriva: la réunification de l’Allemagne, l’incorporation de la RDA, Allemagne de l’Est pour devenir une seule Allemagne ressurgie de ses cendres après sa défaite en 1945. Avec un investissement et un effort fabuleux ainsi que des millions de deutsch marks. La monnaie de l’Est était égalisée avec celle de l’Ouest avec un sacrifice consentie par tous les pays de l’U.E. qui n’avaient plus le choix: il fallait assumer les conséquences de la chute du Mur. Dorénavant la seule puissance militaire était l’Amérique, superpuissance sans équivalent dans le monde contemporain.  Et la monnaie Euro était encore en construction. Allait-elle fonctionner ?

Alors qu’économiquement, dans son ensemble, elle devenait le principal client et le principal fournisseur de l’Amérique du Nord. Il fallait construire une nouvelle politique puisque, avec la chute de la menace soviétique il n’avait plus besoin d’une protection rapprochée américaine. Cependant d’autres points chauds surgissaient, comme les Balkans et l’ Afghanistan et il fallait trouver une politique d’entente entre les alliés. En plus la chute avait entraîné la fin du Pacte de Varsovie et voici que ces pays demandaient, à leur tour d’intégrer l’Europe. D’abord dans une mesure de sécurité. S’unir pour empêcher le retour des soviétiques ou d’autres envahisseurs. Fuir la dépendance russe et rejoindre ce club européen de l’Ouest où l’ Espagne, Portugal et Grèce entrés bien récemment, recevaient des aides spéciales européennes pour les intégrer définitivement à l’Europe des 15. Déjà la future Europe des 25 commençait à prendre forme. Les peuples de ces pays jusqu’alors dominés avaient hâte de mettre fin à l’aventure soviétique et donner de réelles perspectives de développement et de sécurité militaire.

La Nouvelle Europe commence à prendre forme. Pour réussir il lui faut impérativement ne plus reculer vers des monnaies nationales, maintenir l’unité à travers l’Euro d’abord. Bien sûr il faut attendre la suite. Bien sûr il y a les inconvénients. Mais l’Europe aurait-elle résisté autrement ? Aurait-elle un tel succès, même provisoire. Il lui faut choisir le camp de la paix si elle veut être cohérente avec les principes qu’elle défend et qu’elle ne veuille pas, encore une fois, trahir le rêve de ses jeunes qui eux aussi vivent les contradictions de leurs études. On leur parle de voeux de pacifisme, on les exhorte à un comportement de tolérance mais surtout de responsabilité envers leurs droits et devoirs de citoyens. Sans leur montrer que l’Europe qu’on lui propose n’est plus celle-là que nous avons eu ci-haut et tout au cours de cet acte de mémoire. La paix néanmoins est bien plus difficile à construire que la guerre. Il lui faut bien plus d’habiletés et de patience. comme il lui faut la détermination de combattre la haine à ses racines. Il lui faut combattre en alliée infatigable pour aider les nations jadis sur-exploitées, aujourd’hui sous les décombres, à tracer la route qui permette aux nouvelles générations de participer à ce formidable reconstruction. Reconstruire et les villes et les continents. Et le matériel et le spirituel. Prier Dieu pour respecter l’homme non plus pour continuer cette guerre sans fin. Evidemment tout ceci paraît utopique. Mais il faut bien un rêve quelque part qui puisse sortir du virtuel et aider l’homme à dépasser ses haines et son besoin de domination. Ne peut-on exercer le pouvoir à vouloir bâtir un univers moins tragique ? Autrement la paix ne sera encore une fois qu’ un leurre cédé pour mieux dominer plus tard et qui ne finira pas de piéger bien de peuples, bien de nations. Quant il l’a voulu l’homme a su montrer des signes de coopération, de tolérance. A la sortie de la deuxième guerre mondiale, le Japon se mit à copier tous les produits en miniature, radios, équipements, même les parfums comme « Chanel n° 5 ». C’étaient des produits bon marché, d’imitation, juste pour la consommation des classes moyennes qui ne pouvaient utiliser les marques de luxe. Et personne ne cria au scandale. On ne pouvait que se taire et l’aider à traverser ces lendemains tragiques et dévastateurs des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Puis vint la voiture japonaise. On s’en méfiait comme la peste. On parlait des voitures jetables comme ces objets bon marché, ces montres qu’il ne faut même plus réparer une fois perdues. Les temps des jetables venaient avec leur panoplie de produits comme on dit « discartables ». Le « made in Japan » était retrouvé partout. Lentement l’ économie japonaise parvint à dominer la technique, à produire et vendre des produits de bonne qualité à des prix plus abordables. Vint le temps des Kit 3X1, des appareils télés, des enregistreurs, des vidéos.  Puis vint le temps qu’ils se permirent populariser le fax. Jusqu’au jour, pas trop lointain des années 90, que l’on apprit qu’ils maîtrisaient l’industrie aéronautique, devenant aptes de construire des avions de combat. Lentement, même à pas de géant peut-on dire quand le temps est mesuré par l’évolution parcourue en un même laps de temps par les principaux pays du monde, le Japon redevenait une nation autonome, efficace qui reprenait son destin en mains. Puis cette même technique passa entre les mains de Taiwan. Les produits nippons devenaient plus sophistiqués et les chinois de l’île de Formose plus populaires. D’autres suivirent ses pas. Mais cette fois-ci à copier et à exploiter le commerce des grandes marques, les fameuses copies ou des faux sans hésiter à se procurer une main d’oeuvre soumise aux lois d’un marché très dur rappelant le temps de l’esclavage. Les va nus-pieds produisaient les tennis les plus chers pour habiller les pieds des autres ! Heureusement, cette fois-ci une partie de l’opinion publique était vigilante. Quand même ceci n’empêcha pas et n’arrête pas encore une politique de négation de la valeur sociale, des droits de l’enfance et même des droits tout court. On connut cette fois-ci non seulement l’exode de l’homme cherchant des pays plus accueillants que le sien et où le travail, même mal payé était bien plus rémunéré que chez lui mais aussi ce que l’on appela alors la délocalisation. A la recherche d’une main d’oeuvre dite bon marché pour ne pas reconnaître que l’époque de l’esclavage et de la soumission de l’espèce humaine par une autre espèce humaine était revenue. Voilà l’exploitation sans frontières de la Malaisie à la Chine populaire avide de capitaux frais; du Vietnam à la Thaïlande. Du Pakistan à l’Inde et au Bangladesh. On produisit de l’habillement, du plus chic au plus populaire pour vêtir les autres. L’homme du peuple qui trouvait du travail était heureux au moins de travailler. Autrement le chômage est là, on y bascule plus vite qu’on ne trouve un autre job. Avec cette délocalisation ce sont les salaires et les acquis sociaux en Europe qui connurent un frein brutal. La menace était à nouveau là: comment continuer ce rythme de consommation quand l’avenir devient incertain ? Comment accepter l’étranger, qui continue à déferler du monde entier en crise, à la recherche de n’importe quel travail pourvu qu’il en trouve. Sans regarder les salaires. Clandestinité oblige.  Les politiciens s’emparèrent de cette situation pour essayer d’occuper une place au soleil. Pour eux toute l’histoire passée était un fait accompli, du vieux, tant pis pour ces pays qu’ils trouvent ailleurs qui les aide dit-on ! Même si les entreprises européennes continuent à les plumer, même à dépendre de plus en plus des matières premières venues d’ailleurs. Non seulement ils ne tirent aucune leçon de l’histoire mais aussi ils renforcent les mensonges à faire croire que leur politique mènerait ailleurs qu’à une guerre certaine avec les révoltés du monde et avec leurs citoyens conscient que le temps des massacres avec les européens en tête du cortège pour mener les envahisseurs, est révolu.

Ceux qui prônent l’expulsion des étrangers oublient que les ressortissants européens sont étrangers ailleurs et que si la vague des renvois prenait une dimension de réciprocité généralisée c’est bien l’Europe qui se verrait en peine de recevoir de retour ces gens, les héberger, les nourrir, leur donner du travail et surtout leur rendre de saines habitudes vis-à-vis du fisc et des gains parallèles non déclarés ! La politique de l’aveuglement mène tout droit à d’autres aveuglements. Il ne suffit pas de crier halte au terrorisme, il faut couper l’envie des gens utiliser leur vie en suprême sacrifice pour rappeler l’existence d’un problème grave. Autrefois on a pu assister à des incendies volontaires puisque c’est le seul moyen d’attirer l’attention. Mais les incendies sont devenus d’une banalité vite remplacée par les sacrifices humains, les kamikazes. Au lieu de s’attaquer aux sources du mal et redonner l’espoir aux gens on s’en prend de plus en plus qu’aux actes, laissant souvent les véritables coupables, les donneurs d’ordres, de côté. Pour combattre cet extrêmisme faut-il laisser les extrêmistes européens gouverner l’ Europe encore une fois ? Une IIIème Guerre Mondiale pour nettoyer le terrain, tuer des millions de gens, pousser à l’exile d’autres millions de désespérés, quelques années de guerre pour semer la terreur à nouveau et poursuivre toux ceux qui créent un cas de conscience collective ? Qu’il est facile d’assister aux guerres ou d’y aller avec les ebfabts des autres. Mais quand les nôtres sont en dangers on tremble, on demande la clémence de Dieu. N’est-il pas temps de redonner à la politique ses lettres de noblesse et la mettre au service de l’homme, pour sauver l’homme de lui-même, de sa propre sauvagerie ? Il est toujours temps d’agir parce que le chemin est long et le travail accompli mettra du temps pour donner ses fruits. N’est-ce un dicton arménien qui dit que «  l’homme sème le noisetier sachant à l’avance que ce n’est pas sûr que ce soit lui qui en cueillera les fruits mais ses enfants ou petits enfants. » Mais il le plantera quand même pour que d’autres en profitent. Les semeurs d’un avenir meilleur, plus digne, plus sain, moins belliqueux, sont ainsi aussi. Plus que jamais la Nouvelle Europe peut aider à payer une dette de sang et réconcilier leur histoire future en choisissant une histoire présente de véritable coopération avec les nations en souffrance. Demain il est possible de dire de l’Europe ce qui a été dit fort souvent de l’Eglise: elle a été connivente des barbaries et des souffrances, elle s’était alignée à la disposition des classes privilégiées mais une partie se révolta et fit le chemin inverse. Elle a alla franchement aider l’homme à retrouver sa dignité perdue, à contre-courant, se mettant nettement du côté des classes populaires. Lula ne serait pas président aujourd’hui du Brésil sans cette partie de l’Eglise brésilienne engagée avec les droits humains. Ce courant sut réconcilier église et justice. Bien de gens en sont conscients. Alors que de la façon qu’évolue la violence urbaine, sans chercher à régler le problème de l’enfance abandonnée à son sort, les défenseurs des droits de l’homme voient le peuple gronder et demandent tout haut: et nos droits à nous qui c’est qui s’en occupe ? Peut-on répondre à maintenir un état de corruption généralisée ? Peut-on répondre à isoler ces nations et à exiger d’eux ce que l’on n’exige plus de ses propres citoyens: une responsabilité citoyenne et éthique qui permette de trouver d’autres solutions que celles qui nous ont été présentées jusqu’à présent. Autrefois il était utopique de croire que toute maison en Europe, en France par exemple, aurait sa propre salle de bains, ses toilettes, non plus dans le couloir partagées avec les voisins ! Et ce n’est qu’un petit confort, combien précieux et apprécié par ceux qui ont la chance de le vivre. Mais regardez.....combien rêvent à peine d’avoir accès juste à l’eau, les salles de bains, les toilettes et le confort sont trop superficiels devant les besoins immédiats. Vivre et survivre, malheureusement, ne comportent pas les mêmes plaisirs ni les mêmes réactions. Il est temps à ceux qui ont atteint un degré de savoir-vivre hautement confortable de partager son accès avec ceux qui en rêvent encore ou ne savent même pas qu’il existe. Tous ces conforts à l’américaine ou à l’européenne doivent être pour eux du domaine de l’imaginaire. Comme tous ces mots qui veulent réveiller les consciences des puissances endormies mais qui ne peuvent pas produire un miracle si fantastique. Néanmoins, faut-il se taire ? Faut-il être un complice permanent ou peut-on lancer un cri pour essayer de crever le mur des indifférences ? Comment le savoir avant de lancer ce cri ?  Une vieille sagesse nous rappelle toujours que pour savoir construire il faut savoir se souvenir !   

Toufic Attar
OBS ; Travail non publié à son époque, comme relevé dans le texte, 2003. Bien avant donc de 2008 et ce qui s’en suivit. Bien avant le printemps arabe et l’indignation portée par les foules et les vents.


Text by Toufic Attar from São Paulo, Brazil
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