Appel à l’Occident

Text by Toufic Attar from São Paulo, Brazil
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Il ne faut jamais oublier dans quel état s’est retrouvée l’Europe à la suite de deux guerres mondiales, l’une à la suite de l’autre, exterminant des millions de gens, sans compter les blessés de guerres, les ruines et un véritable chaos quand tout était à reconstruire, dans tous les domaines. Le manque de logements, l’absence totale de confort alors qu’aux USA tout semblait montrer un modernisme impossible d’atteindre aux européens, la masse notamment ; les grandes gabnoles, les frigos, les machines à laver, le téléphone partout, avec une domination absolue dans l’industrie aéronautique, navale pour ne pas parler du retard atomique.... l’Europe ne pouvait se passer de la protection américaine. L’appétit des soviétiques et surtout une politique volontaire pour montrer qu’elle ne reculerait devant rien, comme l’invasion, une première fois, de la Hongrie, avec les chars russes écrasant les révoltés couchés à terre, et puis en Tchécoslovaquie, le fameux Printemps de Prague, qui crut, un court moment pouvoir retrouver sa liberté avec l’audace d’un Dubcek qui croyait en la protection américaine ou du moins de l’OTAN. Là aussi les soviétiques montrèrent que l’ouverture pacifique n’était pas au programme. Au contraire : que l’ Allemagne de l’Ouest prenne garde avec une politique trop hostile aux intérêts de l’Est !

En même temps, sur le plan économique, l’interdiction à l’Allemagne et au Japon d’investir dans l’armement offensif permit à ces deux nouvelles puissances de consacrer tous leurs efforts dans le développement économique sans aucun souci militaire puisque les USA garantissaient une protection totale. Ce qui ne fut pas le cas de la France qui dut trouver les moyens d’investir et dans le militaire offensif, force de frappe, et dans l’atomique, dans l’industriel et dans sa structure de base! Formidable effort bien plus pénible. La récupération sociale à travers ce qu’on appela plus tard les acquis sociaux était aussi bien une nécessité exigée par les Français qu’une politique déterminée à améliorer la qualité de vie, au plus tôt, afin de désarmer la montée d’une gauche qui faisait rêver avec des programmes libertaires et égalitaires. En quoi auraient-ils débouchés si la gauche atteignait le pouvoir, par le vote universel, avant la chute de l’empire soviétique ? Comment serait le monde ? Cet exercice, à voir l’état réelle de l’ex-empire de l’Est, laisse bien de suppositions, des plus optimistes aux plus pessimistes. Enfin, le monde serait autre. Pas nécessairement meilleur, pas nécessairement tel qu’il est rêvé par ceux qui veulent que la dignité des peuples soit reconnue comme un élément de base de toute indépendance. A quoi sert l’indépendance quand un peuple perd l’estime de soi-même et se laisse aller à une politique où les plus démunis fouillent dans les poubelles à la recherche des surplus jetés par des concitoyens aveugles à leurs besoins et tout simplement aveugles à ne pas vouloir reconnaître que la violence sociale et la violence dite terroriste naissent sur les sillons même de la rupture sociale ?

L’Occident commis alors une faute politique plus grave encore: il laissa se développer les fanatismes religieux. Partout où abondait la désillusion, l ’exploitation, les problèmes sociaux la religion vint développer ses thèses. Offrant de nouvelles façons de voir les choses, accueillant des adeptes à la recherche d’une compréhension quelconque. Elle vint des sectes, elle vint souvent des églises comme elle réveilla l’orthodoxie dans la pratique religieuse et ce qu’on appelle aujourd’hui le xiisme. En Iran par exemple, l’Islam fanatique ne s’est mieux développé que sous le règne du Roi Reza Pahlevi. Gouvernant avec l’appui de l’Occident, cherchant à montrer lui-même une image de modernité, il poussa jusqu’à faire une fête digne des mille et une nuits, dignes des plus fabuleux contes, où la fine fleur de l’Occident était présente. Qui lui succéda quand vint la chute ? Venant de Paris où il avait trouvé asile, l’Ayatollah Khomeyni décréta tout de suite la guerre aux coutumes venant de l’Occident, pourchassa dès le lendemain les seuls à pouvoir lui porter ombrage, les communistes et régna en dictateur absolu, imposant le voile, installant la loi coranique. Sans les excès antérieurs de ceux qui proclamaient la modernité à outrance, modernité pour eux et misère pour le peuple, et certainement le Xa ne serait pas devenu aussi impopulaire. Les religieux extrêmistes cherchaient-ils le pouvoir pour améliorer le sort du peuple ou le voulaient-ils pour d’autres fins ? L’état de misère ne laisse pas de doute quoiqu’il est notoire que tout changement ne peut produire des effets immédiats. Surtout quand un pays voisin, lui aussi musulman, lui aussi allié de la cause arabe, lui aussi pourchasseurs de rois au nom d’une justice sociale jamais appliquée, vous mène la guerre. Dix ans de guerre entre l’Iran et l’Irak ! Quel progrès peut être semé dans ces conditions ? Surtout quand les adversaires trouvent le temps et l’argent pour avoir des armes en permanence alors que le peuple crie famine. Mais le fanatisme religieux n’est-il là pour faire taire les estomacs vides et pour mettre sur le front des enfants encore qui ne peuvent comprendre pourquoi ce conflit absurde alors que la version officielle présente l’ennemi comme le démon qu’il faut combattre pour atteindre le ciel ! Pourquoi les dirigeants ne sont-ils avides et pressés de rejoindre ce même ciel sacré ? Ils ne manqueraient pas à l’humanité puisque d’autres se chargeraient de continuer leurs rôles de justiciers-carnassiers. C’est bien la politique suivit par l’Occident qui laissa croître les farouches Frères Musulmans, les Xiites partout dans les pays arabes et leurs sympathisants, les juifs orthodoxe en Israël !

Cet état qui devait être le refuge des juifs du monde entier était basé à l’origine de sa création sur la laïcité. Les juifs étaient là non seulement représentés par leur religion mais aussi par leur diversité laïque, des athées, des pratiquants modérés qui fréquentent sans plus la synagogue comme des millions de gens ailleurs fréquentent sans plus les églises et les mosquées, dans une approche de prière, de recueillement et non nécessairement dans le refus de l’autre. Cette question ne revenait en surface que quand des évènements dramatiques repoussaient vers une réclusion communautaire, vers un repli, soit obligatoire soit instinctif, vers une situation de protection comme quand la tortue rentre sa tête dans la carapace au moment du danger ou que l’escargot se replie au fond de sa coquille protectrice. L’instinct de conservation est naturel. C’est aussi le principe des petites minorités qui croient trouver en elles-mêmes la force et la solidarité pour surmonter une vie dure où l’union fait la force et la division empêche d’aller trop loin. Quand elle n’est pas devise d’état ! Alors là elle devient stratégie et à montrer qu’elle réussit à démonter les plus grands dangers, leur  faire face jusqu’à les vaincre ou les repousser.

N’est-ce au détriment de l’Afrique que l’Occident se développa ? Alors que ses ressortissants fuyaient le continent européen, de gré ou de force, prisonniers ou épris d’aventures, jeunes avides de nouveaux espaces, on captura les populations africaines pour en faire des esclaves. Pourquoi ? Parce que les travaux de défrichement ou domestiques l’ exigeaient. Il est certain que si la robotisation existait déjà ce recours aux esclaves aurait été moindre ou même évité. Enfin, pour le confort des uns et leurs besoins, mêmes ceux qui prônaient les magnificences d’un Dieu suprême épousèrent cette étrange manière de détruire sa propre création puisque, à suivre cette même théorie religieuse, Dieu lui-même a du créer cette race Noire (sans aspect péjoratif) comme il créa les Peaux-Rouges, les Jaunes et la race blanche. Celle-ci, par on ne sait quel prodige, crut qu’elle avait comme devoir une mission divine: civiliser les autres peuples. Tout comme naquirent les Croisades, vinrent tous ces mouvements qui devaient porter au plus loin la parole, et les coutumes, de la race blanche. Etrange mission. Plus tard il n’est pas étonnant que les pays arabes aient pu avoir recours à la Guerre Sainte contre les chrétiens et contre Israël alors qu’aujourd’hui l’Intifada est une sorte du « j’en ai marre » avec un mélange de toutes les révoltes, les humiliations et les frustrations d’un peuple qui n’a connu que les soulèvements pour obtenir sa reconnaissance.

Toutes les civilisations, sans doute, ont eu leurs moments de conquêtes et d’apothéoses. Chacune connut aussi un déclin naturel, comme l’usure du temps qui n’arrête jamais sa progression et transforme villes en ruines, ruines en déserts; tantôt les mers et océans envahissant les espaces pour tout engloutir sur leurs passages, tantôt reculant pour laisser à découvert ce que l’homme ignorait encore, un bout d’histoire, un fragment d’un temps calculé en millénaires, un témoignage de la fragilité de l’homme et surtout faisant éclater au grand jour la limite de son pouvoir absolu. Face à cette énigme qu’est l’univers, qu’est la création du monde, qu’est l’ensemble de l’univers non-exploité, l’homme se trouve comme impuissant. Certains relèvent le défi, consacrent toute une vie pour rechercher le sens de telle ou telle découverte, meurent en laissant aux survivants de poursuivre leurs recherches. Que de fois l’Eglise ne s’érigea pour les empêcher ou pour interdire leurs commentaires. Donnant ici le sens d’Eglise à tous les Temples du monde, les Synagogues ou lieus de culte. La peur de l’inconnu, la fragilité des masses pouvaient faire craindre quant aux réactions des gens.

Mais l’homme décida de faire la loi sur la Terre. Et quelle loi ? Celle de la domination par la terreur. Il aurait pu pourtant suivre d’autres exemples dans l’histoire et laisser vivre à l’aise, heureux, les nations envahies, soumettant les nations sans écraser les peuples, sans les humilier. C’est néanmoins la ligne suivit par l’Europe qui précéda cette Europe moderne. Elle entreprit une colonisation sauvage avec une force brutale, une rage extraordinaire devant toute résistance. Pourtant toute résistance devrait être considérée légitime, noble, avec le besoin d’être respectée avant d’être dominée non par des bains de sang mais par un travail culturel de longue haleine. Or les envahisseurs étaient pressées. Nettoyer si besoin, éliminer toute trace de résistance, telle a été la politique suivie. Et voilà que de ces mêmes peuples paraît surgir une morale respectueuse de l’homme ? Comment passer ainsi de l’outrage que l’on fait subir aux autres, des guerres meurtrières à cette phase où l’on semble avoir compris la leçon et l’on cherche à ce que....d’autres la suivent sans que nous la respections énergiquement, d’une façon implacable, montrant un véritable repentir ? Pourquoi cette image rappelle cette autre quand un passant humble, se fait involontairement écraser le pied par un autre passant, apparemment plus riche et que c’est le premier qui présente des excuses comme qui dirait « excusez-moi d’avoir entraver votre chemin » ? Et l’autre, sans même s’en rendre compte, les lui donne ! N’est-ce un comble ?

Les nouveaux continents présentaient donc ce que l’Europe n’avait plus: l’espace nécessaire pour une expansion. Et voilà comment les nouvelles nations devinrent une sorte de grenier fournisseur de matières premières, d’aliments en abondance, de denrées rares ou introuvables sur le continent européen et qui devinrent indispensables comme signes de richesses, de pouvoir  et de civilisation. Et voilà le chocolat promut comme suprême gourmandise, voilà le café envahissant les coutumes, voilà les épiceries relevant les meilleurs plats.  Et l’Europe évolua sans tenir compte de comment vivaient ces peuples là-bas, même si un mélange racial finit par ne plus distinguer entre l’autochtone et le colon. Voilà que les problèmes sociaux finissaient par retomber aussi bien sur ceux qui fuyaient l’Europe que sur leurs descendants.

Des pays comme le Mexique, le Brésil, l’Australie, immenses, devinrent dépendants de leurs maisons mères. soit-elle espagnole, portugaise ou anglaise. Rien ne s’y faisait qui pouvait nuire ni à les métropoles ni aux intérêts de ces pays aux détriments des populations locales. Il est permis de constater, pour ne pas en dire trop long, que les immigrés, ces réfugiés d’autrefois, ces sans-papiers d’alors, étaient dans leur majorité analphabètes, misérables, habitués aux soumissions. Ceci n’élimine pas la reconnaissance de leurs compétences. Mais être analphabète à l’époque c’était naturel. A moins d’appartenir aux classes aisées ou être autodidacte. Or dans la tête de ces gens une obsession : réussir pour éviter à leurs enfants de connaître le même sort. Quoi de plus légitime ?

Au XXeme siècle, surtout après la deuxième Guerre Mondiale, ils vinrent tous vers ces horizons lointains, de toutes origines, de toutes religions, de tous milieux. Sans cet exode massif, sans cette implantation ailleurs, l’Europe d’aujourd’hui serait-elle ce que l’on considère moderne ? Serait-elle puissante et unie ?

Serait-elle ce qu’elle est actuellement en plein 2003 ? Allait-elle attirer à son tour les masses désespérées venues d’ailleurs ? Pourquoi se tourne-t-elle contre eux, niant ce que le prix de l’Histoire impose au lieu de faire face aux véritables problèmes et trouver des solutions définitives qui ne soient pas ces absurdes épurations ethniques ? Lui demande-t-on d’être plus pauvre alors qu’il est claire que l’aide ne peut venir que de pays immensément riches ou de nouvelles découvertes qui changent le cours de l’histoire à l’improviste. Ce n’est pas impossible. Mais faut-il attendre alors que tous les discours prennent la coopération ? De quelle coopération s’agit-il ? Faut-il croire que le troc de bijouteries et de quincailleries avec les indiens d’alors contre l’or précieux ou contre des denrées rares continue à avoir des adeptes inébranlables ? N’est-ce d’ailleurs ce qui se passe à recevoir des matières premières inexistantes ou insuffisantes en Europe et à renvoyer des produits finis en échange à des coûts exorbitants qui crèvent la dette de ces pays, même si bien d’entre eux, comme le Brésil et l’Argentine, sont immensément riches dans leur sous-sol et la variété de leur climat, leurs élevages et leur territoire ?

Dans ces pays, dont le Brésil notamment qui offrit refuge à des millions de gens venus de tous les continents, de l’Extrême-Orient au Proche-Orient, de l’Europe à l’Afrique, hébergeant des minorités persécutés dans leurs pays d’origine ou dont les pays ont perdu leur indépendance (les pays de l’est notamment, l’Estonie, la Lituanie, le Liban tombé sous influence syrienne, et bien d’autres. Il a fallu accueillir tous ces gens, créer des structures et voilà un pays peu peuplé, proportionnellement, qui passe en quelques années à 90 puis 100, puis 120, puis 170 millions d’habitants. Alors qu’une ville comme Sao Paulo est passée de 600.000 habitants à 8 millions vers les années 70 et à 15 millions actuellement, alors que l’état de Sao-Paulo, dont S.P. est la capitale, est passé à plus de 32 millions d’habitants, c’est-à-dire. plus que la plupart des pays européens dont les ressortissants sont là. Et il a fallu emprunter pour construire, pour élever des structures, sans compter les corruptions notoires, alors que la dette a fait saigner le pays et a empêché que les actuelles générations puissent recevoir des investissements précieux dans la santé, l’éducation et l’habitat. Quel pays d’Europe a fait un tel effort pour accueillir ses étrangers ? Pourquoi s’acharne-t-on à lier son destin à une dette soumise à des taux absurdes et injustes ? Comment le monde moderne ne peut-il s’émouvoir alors qu’il est capable de saisir l’ampleur de la catastrophe quand un terrorisme aveugle attaque sans pitié, détruisant tout, puisqu’il n’a rien, en fait, à défendre à part le chaos qui lui donne une sensation de victoire et d’impunité.  Il est impératif que la conscience reprenne le dessus et que la coopération devienne coopération et non plus charité qui cache la vérité. Les populations qui souffrent ne voient pas si loin, ont peu de  contacts avec la cruauté des systèmes établis alors que le besoin de survivre empêche « de perdre le temps » dans des causes « perdues à l’avance ». Et on laisse faire. Surgissent la violence et même l’industrie du kidnapping  (rançons d’otages) qui désorientent, déstabilisent et finissent par renforcer l’image de pays dangereux et peu sérieux. N’y a-t-il pas une faute commune à partager ? N’y a-t-il pas un besoin de lutter contre un terrorisme interner semé par ceux qui veulent des richesses exclusives sans un partage équitable, au moins, de la qualité de vie, du confort ? Faut-il que l’art de vivre soit exclusivement réquisitionner à ces classes qui ne savent vivre sans des bagnoles ultra-luxueuses dans un pays où même les routes ne sont pas adaptées au besoin d’une simple bagnole populaire ? Faut-il avoir des Jet-Ski par collection alors que la population la plus pauvre n’a même pas accés à une eau potable, que dire, à l’eau tout court ?


A accompagner l’histoire de l’Asie côté Vietnam, comment était-il possible de s’en sortir alors que les guerres n’ont jamais cessé, de la Guerre de Corée au début des années 50 à la Guerre d’Indochine. Puis tour à tour, sombrèrent le Laos, le Cambodge et l’interminable hostilité entre l’Inde et le Pakistan.

Comment remonter une pente alors que l’Europe n’a pu être sauvée que grâce au Plan Marshall et des mesures de facilités d’échanges et de protection ? Puis vint la Guerre d’Afghanistan où les tristes Talibans

se firent connaître. Sans l’appui décisif et officiel des américains contre la présence soviétique la chute du Mur de Berlin et la débâcle de l’empire soviétique n’auraient pas eu lieu ou du moins si rapidement et d’une façon aussi phénoménale. Et l’Union Européenne à 25 serait une pure utopie.


Que serait l’économie japonaise sans un besoin des Etats-Unis d’un allié inconditionnel dans la région ? Même à l’orgueil blessé. Qu’a-t-on à faire de l’orgueil quand les besoins stratégiques s’y mettent ? Et voilà que l’essor du Japon fut parallèle à celui de l’Allemagne de l’Ouest amenant le pacifique, jusqu’aujourd’hui, à dépendre de l’état de l’économie japonaise. Si les touristes japonais, par exemple, se mettaient à ignorer l’Australie et voilà une crise dans l’infrastructure du tourisme sur  place tellement les investissements japonais dans le secteur sont importants. Et puis avec le problème de la Chine Continentale menaçant en permanence Taiwan d’invasion, la Chine Nationaliste de Tchang-el-Chec, le Japon devenait un allié indispensable pour retenir l’ambition chinoise. Pourtant la Chine et le Japon ne cessèrent de déployer leurs efforts pour maintenir le plus grand nombres d’îles du Pacifique sous leur influence. Le Japon à coup de technologie, la Chine  « à prêter », ou louer une main d’oeuvre abondante et pas chère. Est-ce que cette drôle de guerre continue ?

De l’autre côté, au Moyen-Orient, le Liban, après une indépendance qui alla de 1943 au début des années 80, finit par tomber complètement sous contrôle syrien, farouche ennemi jaloux et de sa prospérité et de la renommée du Liban autrefois, « Suisse du Proche-Orient » disait-on....Aujourd’hui le voilà affaiblit par la propre politique régionale et surtout les flux migratoires: sa population d’origine fuyant la guerre (les combattants, résistants, furent bannis ou emprisonnés) mais recevant une forte émigration des pays autour de lui, de la Syrie surtout puisque la main d’oeuvre syrienne finit par venir s’établir dans cette nouvelle colonie « soeur » !!  Et voilà un autre courant qui vint grossir la masse des immigrés un peu partout mais surtout dans les pays d’Occident et les grands pays, Brésil, Canada, USA, Australie. Quel fut le rôle de l’Europe pour que le Liban échappe à ce triste sort, lui allié N° 1 du capitalisme occidental ? Il tomba impitoyablement, sous un double feu, entre un géant gourmand au Nord, la Syrie, et un autre géant terrible dans ses dévastations. Au lieu de s’attaquer directement aux sources de financement et d’appui à la guérilla et à leur principal instigateur, la Syrie, voilà qu’Israël choisit d’affaiblir encore plus ce pays qui n’a jamais eu une armée d’occupation, à peine une armée de défense. Les hommes politiques libanais ont de tout temps ménagé Israël sachant bien que nulle résistance n’est possible. Il fallait trouver obligatoirement un terrain d’entente. Jusqu’au jour fatidique pour lui et les palestiniens qui furent chassés de Jordanie et connut sous le tragique Septembre Noir. 500 000 personnes venues au Liban alors que la population totale  de ce pays ne dépasse pas les 3 millions d’habitants. Terrible déséquilibre, terrible perte de contrôle. Comment pouvait-il s’en sortir ?

Liban, seul pays à majorité chrétienne de la région, depuis des siècles pays accueillant, te voilà abandonné par ceux qui te doivent fidélité et protection. Et veut-on parler aujourd’hui d’ethique dans la politique ?

Reprenant ce survol dans l’histoire récente, nous retrouvons en 1948 la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël. Surgirent comme contrepoids à cet état et alliés de l’Occident, c’est-à-dire sous régimes totalement soumis à la politique occidentale,  la Jordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak. L’Iran du Xa Reza Pahlevi était naturellement pro-occidental sans être considéré une nation arabe. Le xiisme n’était pas alors une menace ou du moins son extrêmisme ne semblait pas si évident. Dans cette région l’influence anglaise finit par être remplacée par l’influence américaine. Alors que la France maintenait la sienne en Syrie et au Liban. Lentement, le camp pro-russe finit par être rejoint par les Egyptiens, les Syriens et l’Irak qui devint, à travers un coup d’état sanglant, une République Populaire décidément tournée vers l’URSS qui lui fournissait toutes les armes nécessaires. Au Liban la minorité musulmane était attirée par les discours nationalistes de Nasser. Ce qui amena une première guerre civile en 1958. Le secours fut bien plus américain qu’européen. Avec des conséquences directs en Irak. (voir Le temps de l’innocence). Mais déjà les musulmans sunnites, non fanatiques dans leur comportement religieux se voyaient menacés par le Front Populaire Socialiste de Joumblatt. Et menaçait la stabilité politique du Liban. C’est à ce moment qu’il fallait un sérieux secours de l’Occident pour éviter au Liban sa longue guerre interne, et civile et d’occupation de son territoire. Hélas....le fanatisme et les extrêmismes musulmans prenaient déjà leurs souches sans que les pays d’Europe accourent pour mener une politique de prévention du désastre et non seulement pour financer la reconstruction postérieure. Avec un rôle aussi contemplatif l’Europe dut désenchanter bien d’arabes et de musulmans favorables à un modus-vivendi occidental dans leurs pays. Ouvrant sans doute la facilité de recruter des jeunes kamikazes ou pour des opérations terroristes. C’est encore une fois la politique menée qui aboutit à ces jours sanglants qui finissent par atteindre nombre d’innocents. Pour enrayer ce courant il faut montrer que la sensibilité avec la situation locale est réelle et amène à une action nettement sentie sur place. Autrement c’est le retour à la catastrophe, tôt ou tard.

La Jordanie, après l’Irak, semblait être la prochaine cible de coups d’état annoncés à l’avance. Le Roi Hussein dut faire face à une série d’attentats et dut sa protection aussi bien à Israël qu’aux Anglais qui voyaient en lui un allié fidèle et une présence indispensable sur le compliqué échiquier arabe. Cousin du Roi d4Irak assassiné en 1958, il entreprit de mener une politique d’entente entre lui et Israël tout en maintenant des apparences d’alliés des arabes puisque l’immense majorité du peuple en Jordanie était alors composée de palestiniens et non de Hachémites comme les siens. La Jordanie, contrairement au Liban, fut sauvée par le besoin stratégique occidental avec des frontières directes avec Israël, l’Irak, la Syrie et l’Arabie Saoudite, véritable état tampon. Ce pays ne pouvait tomber ni comme l’Irak ni comme l’Egypte de Nasser sous influence russe. L’effet domino était par trop dangereux. Voilà un pays qui a su conserver un rôle capital dans la région sans être englouti par l’extrêmisme pour l’instant. Mais rien ne laisse supposer que les détracteurs ont désarmés. L’actuel Roi sait fort bien le danger auquel il est exposé devant compter sur des troupes ultra fidèles. Cependant il ne faut pas oublier que Anuar-el-Sadat, président de l’Egypte et responsable de l’accord de paix Camp David avec Israël, fut assassiné par quelqu’un de l’armée, en pleine présentation militaire. Au Moyen-Orient rien n’est acquis définitivement. Il faut être vigilant ou avoir un savoir-faire politique pour se maintenir à la tête de son peuple.


Text by Toufic Attar from São Paulo, Brazil
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